Guide des soins · Bains et chaleur
Hammam ou sauna : la vraie différence, et comment choisir
Le sauna chauffe l’air à plus de 80 °C mais le garde sec ; le hammam reste sous 50 °C, saturé de vapeur. Cette seule différence d’humidité change la sensation, la durée que l’on supporte et l’usage que l’on peut faire de l’un ou de l’autre.
- Sauna
- 80 à 100 °C, 10 à 20 % d’humidité
- Hammam
- 40 à 50 °C, air saturé de vapeur
- Enchaînement
- libre, avec une pause entre les deux

Quatre-vingt-cinq degrés d’un côté, quarante-cinq de l’autre. Sur le papier, le sauna est presque deux fois plus chaud. Pourtant, beaucoup de gens trouvent le hammam plus « étouffant » et en sortent plus vite. La différence entre hammam et sauna ne tient pas d’abord à la température affichée, mais à la quantité d’eau contenue dans l’air. C’est elle qui explique la sensation, la durée que l’on supporte, l’effet sur la peau, et finalement le choix de l’un ou de l’autre.
Chaleur sèche, chaleur humide : la différence entre hammam et sauna en chiffres
Dans un sauna finlandais, l’air atteint 80 à 100 °C à hauteur de tête, pour une humidité relative de 10 à 20 %. La cabine est en bois, les bancs sont étagés, et il fait nettement plus chaud en haut qu’en bas. L’eau versée sur les pierres du poêle fait monter l’humidité quelques instants, sans jamais transformer la cabine en bain de vapeur. Les saunas infrarouges, plus récents, chauffent le corps par rayonnement et laissent l’air autour de 50 à 60 °C.
Le hammam fonctionne à l’inverse. Un générateur sature la pièce de vapeur : l’humidité approche 100 %, pour une température qui dépasse rarement 50 °C. En France, la plupart des hammams se limitent à une seule salle, entre 40 et 50 °C, là où les hammams traditionnels du Maghreb ou de Turquie enchaînent plusieurs pièces de plus en plus chaudes. Le décor suit cette logique : pierre, carreaux ou marbre, là où le sauna reste fidèle au bois.
Les usages diffèrent aussi. Au sauna, on s’assoit sur une serviette, et selon les pays et les établissements on y entre nu, en serviette ou en maillot. Au hammam, le maillot est généralement de rigueur dans les spas, et l’on y vient volontiers avec un gant de gommage, ce qui n’aurait guère de sens dans l’air sec d’un sauna.
Pourquoi 45 °C de vapeur pèsent autant que 85 °C d’air sec
Le corps se rafraîchit en transpirant, à condition que la sueur s’évapore. Au sauna, l’air sec l’évapore en continu, ce qui permet de supporter 85 °C pendant plusieurs minutes. Au hammam, l’air est déjà saturé : la sueur ruisselle sans s’évaporer, et ce refroidissement disparaît. S’y ajoute un phénomène que l’on remarque rarement. Tant que votre peau est plus fraîche que l’air, la vapeur se condense sur elle et lui cède sa chaleur, comme sur une vitre froide. Une partie de l’eau qui coule sur vous au hammam n’est donc pas de la sueur.
Dans les deux cas, le cœur travaille davantage ; au sauna, il peut monter à 120 à 150 battements par minute. La respiration, elle, réagit différemment. L’air brûlant et sec du sauna pique parfois le nez et la gorge, quand la vapeur du hammam paraît douce aux uns et oppressante aux autres. C’est souvent ce critère, plus que les degrés, qui fait préférer l’une ou l’autre chaleur.
Ces différences se traduisent en minutes. La pratique finlandaise alterne des passages de 5 à 20 minutes au sauna, entrecoupés de pauses au frais. Au hammam, dix à quinze minutes par passage suffisent en général à un débutant, justement parce que le corps ne s’y rafraîchit pas. Dans les deux cas, le bon repère n’est pas le sablier mais le moment où la chaleur cesse d’être agréable : on sort, on boit, on s’assoit.
Pour la peau, la récupération et la balance
Pour la peau, le hammam a l’avantage. La vapeur gorge d’eau la couche superficielle de l’épiderme et la ramollit, ce qui explique que le gommage traditionnel se fasse au hammam et non au sauna. L’air sec du sauna tend plutôt à dessécher une peau déjà sèche. Ni l’un ni l’autre ne « purifie » quoi que ce soit, et les peaux sujettes à la rosacée ou à l’eczéma réagissent souvent mal aux deux : la chaleur dilate les vaisseaux, et la sueur entretient les démangeaisons.
Pour la récupération sportive, le sauna dispose d’un peu plus de données. Une petite étude de 2007 menée sur six coureurs a observé, après trois semaines de saunas pris juste après l’entraînement, une meilleure endurance, attribuée à une adaptation à la chaleur. Le hammam n’a pas été étudié de cette façon. Dans les deux cas, attendez que le pouls redescende, buvez avant d’entrer, et évitez la chaleur dans les deux jours qui suivent une entorse ou une élongation.
Reste la question que l’on pose souvent à voix basse : lequel fait maigrir ? Ni l’un ni l’autre. La sueur est composée à plus de 99 % d’eau. Si la balance affiche moins en sortant, c’est que vous avez perdu de l’eau, que vous reprendrez en buvant. Ce n’est pas de la graisse.
Dans quel ordre enchaîner hammam et sauna ?
Aucune étude ne tranche cette question, et les usages varient d’un établissement à l’autre. Quelques principes de bon sens suffisent. Commencez par la chaleur que vous trouvez la plus douce, souvent le hammam pour les débutants, afin de laisser le corps monter en température progressivement. Si vous prévoyez un gommage, faites le hammam en premier, puisque c’est la vapeur qui prépare la peau.
Surtout, ne passez jamais directement de l’un à l’autre. Une douche tiède puis fraîche, un verre d’eau et dix minutes assis entre les deux évitent d’additionner deux charges de chaleur. Deux ou trois passages chauds au total suffisent à une séance complète. L’immersion dans l’eau glacée entre deux passages reste réservée aux personnes en bonne santé et habituées : chez les personnes cardiaques, ce brusque changement de température peut provoquer des troubles du rythme.
Lequel choisir selon votre profil
Quelques situations reviennent souvent :
- vous découvrez la chaleur ou supportez mal les fortes températures : le hammam, sur le banc bas ;
- l’air lourd vous oppresse : le sauna, plus sec, souvent mieux toléré sur ce point ;
- vous voulez préparer un gommage ou adoucir la peau : le hammam ;
- vous cherchez une adaptation à la chaleur dans un cadre sportif : le sauna, le seul des deux à avoir été un peu étudié ;
- votre peau rougit facilement : des passages courts, quel que soit votre choix.
Pour certaines personnes, la question se pose autrement. Pendant la grossesse, en cas de maladie cardiaque, d’hypertension mal équilibrée ou de tendance aux malaises, l’avis du médecin ou de la sage-femme passe avant le choix de la cabine. Et l’alcool n’a sa place ni dans l’une ni dans l’autre. Pour le détail, une fiche est consacrée aux bienfaits du sauna et une autre aux bienfaits du hammam.
Dernière idée, si vous hésitez encore : essayez les deux à quelques jours d’intervalle plutôt que le même jour. Vous saurez vite lequel vous laisse reposé, et lequel vous laisse vidé.
La maison a fait le choix de la vapeur et n’a pas de sauna. Son espace des bains associe le hammam à l’eau plus fraîche du bassin, puis au salon, et le Parcours des Bains permet d’en profiter en soixante minutes, à votre rythme.
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