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Guide des soins · Massages

Massage lomi-lomi : le massage hawaïen qui se fait aux avant-bras

Des avant-bras qui glissent de la cheville à l’épaule d’un seul mouvement : le lomi-lomi est un massage enveloppant, né d’une tradition familiale hawaïenne que les cartes de spa enjolivent souvent. Ce que veut dire son nom, comment se passe une séance, et pour qui il est fait.

Origine
Hawaï, transmission familiale
Gestes
avant-bras, mouvements très longs
Huile
oui, en quantité
Durée
60 à 90 minutes
Bassin intérieur aux reflets verts bordé de pierre

La première surprise d’un massage lomi-lomi, c’est la partie du corps qui vous masse. Pas seulement les mains : surtout les avant-bras, qui glissent sur la peau huilée en mouvements très longs, parfois de la cheville jusqu’à l’épaule d’un seul trait. Le rythme, ample et continu, est souvent comparé à celui des vagues. C’est ce qui distingue le massage lomi lomi des autres massages à l’huile, bien plus que les récits sur ses origines sacrées, qu’il vaut mieux lire avec un peu de recul.

Lomi, lomilomi, lomi lomi nui, de quoi parle-t-on ?

En hawaïen, lomi signifie pétrir, masser. Le mot redoublé, lomilomi, désigne la pratique elle-même ; on le trouve écrit en un mot, en deux, ou avec un trait d’union, et les trois graphies désignent la même chose. « Lomi lomi nui » est une appellation plus récente, très répandue en Europe, qui recouvre en général la version enseignée aux praticiens de spa : un massage du corps entier à l’huile, réalisé en grande partie aux avant-bras. Nui veut dire « grand » ; le nom insiste sur l’amplitude des gestes.

Il n’existe pas pour autant de protocole unique. Derrière ces noms se cachent des styles très différents, du massage familial pratiqué à Hawaï aux formations de quelques jours proposées en Europe.

Une transmission hawaïenne, et beaucoup de légendes autour

À Hawaï, le lomilomi s’est transmis dans les familles, avec des variantes selon les lignées, les districts et les îles. Il faisait partie des soins du quotidien comme de la médecine traditionnelle, et ses praticiens ne travaillaient pas tous de la même manière. On ne peut donc pas parler d’un lomilomi authentique unique, mais de façons de faire transmises par des aînés.

Cette tradition a traversé des périodes difficiles. En 1886, la législature du royaume d’Hawaï a interdit les soins par des méthodes jugées « superstitieuses » ; plus tard, l’encadrement de la profession de masseur a imposé des examens écrits que beaucoup de praticiens traditionnels n’ont pas passés. Aujourd’hui, la loi de l’État d’Hawaï cite le lomilomi parmi les pratiques de guérison traditionnelles hawaïennes et confie la reconnaissance de ces praticiens à des conseils d’aînés, les kupuna, réunis par l’organisme de santé Papa Ola Lōkahi. Une figure revient souvent dans cette histoire : Aunty Margaret Machado (1916-2009), présentée comme la première Hawaïenne autochtone à obtenir une licence de massage, qui définissait le lomilomi comme un toucher aimant, une forme de prière.

Méfiez-vous en revanche du vocabulaire mystique qui accompagne souvent les cartes de soins. Le mot kahuna, l’expert ou le prêtre, est employé à tout propos, alors que la tradition parlait plus simplement de ka poʻe lomilomi, les gens du massage. Et la « Huna », présentée comme la philosophie secrète des kahunas, a été inventée dans les années 1930 par un Américain, Max Freedom Long. Des chercheurs hawaïens rappellent qu’elle n’a rien d’hawaïen, et les praticiens traditionnels de lomilomi ne l’enseignent pas.

Sur la table, de longues vagues plutôt que des gestes

Le déroulé d’un massage lomi lomi en institut commence comme les autres : un échange, puis vous vous déshabillez seul et vous vous allongez sous un drap, en gardant votre sous-vêtement. Une différence mérite d’être connue avant de réserver. Pour que les avant-bras puissent parcourir le corps d’un trait, le drap est souvent replié plus largement que lors d’un californien, et certaines praticiennes travaillent tout un côté à la fois, de l’épaule au pied. Si cela vous met mal à l’aise, demandez une serviette plus couvrante : les gestes s’adaptent.

Les avant-bras glissent, se croisent, remontent le long du dos, enveloppent une jambe entière ; les mains reprennent pour les zones fines, la nuque, les pieds, le visage. L’huile est utilisée généreusement, souvent tiédie. La pression peut être plus marquée qu’on ne l’imagine : l’avant-bras est large, mais il transmet le poids du corps de la praticienne, qui se déplace autour de la table plutôt qu’elle ne reste à sa place. Comptez 60 à 90 minutes, rarement moins, car un lomi-lomi pressé perd ce qui fait son intérêt : la continuité.

Ce que l’on ressent tient souvent en un mot : enveloppé. Le corps est moins découpé en zones que dans d’autres massages, et beaucoup de personnes perdent vite la notion de l’endroit exact où se trouvent les bras de la praticienne. C’est déroutant les premières minutes, puis très reposant.

À qui le massage lomi-lomi convient, et à qui il convient moins

Il convient bien à celles et ceux qui aiment les massages lents mais trouvent le californien un peu léger : l’avant-bras permet une pression plus profonde sans les à-coups d’un massage tonique. Il plaît aussi aux personnes qui décrochent difficilement, parce que la continuité des mouvements laisse peu de prise aux pensées qui tournent.

Face au massage californien, dont il partage l’huile et la lenteur, la différence se sent surtout dans l’échelle des gestes. Le californien traite le corps zone par zone, l’une après l’autre ; le lomi-lomi relie ces zones par des mouvements qui traversent le corps entier, avec une surface de contact plus large et un poids plus présent. Si un californien vous a laissé sur votre faim, le lomi-lomi est souvent l’étape suivante. Si vous l’avez au contraire trouvé déjà un peu appuyé, mieux vaut en rester là, ou demander d’emblée une pression légère.

Il convient moins si vous êtes très pudique, pour la raison évoquée plus haut, ou si vous avez des zones douloureuses que vous préférez qu’on évite : un geste qui parcourt tout le corps se prête mal aux exceptions, même si une praticienne expérimentée sait les contourner. Les contre-indications sont celles de tout massage du corps entier : fièvre, infection ou lésion de la peau, phlébite ou douleur inexpliquée dans une jambe, opération récente. La grossesse, des varices importantes, un traitement anticoagulant ou une fragilité osseuse justifient un avis médical, et la position sur le ventre n’est plus adaptée dès que le ventre s’arrondit.

Sur les bienfaits, soyons précis. Le lomi-lomi lui-même n’a presque pas été étudié ; on peut raisonnablement lui appliquer ce que l’on sait du massage en général, à savoir une détente et une baisse de l’anxiété du moment chez beaucoup de personnes. Les promesses plus ambitieuses, libération des émotions enfouies, réalignement des énergies, relèvent du discours, pas des données.

Un conseil pour choisir : demandez à la praticienne où et auprès de qui elle s’est formée. La réponse ne garantit rien, mais une personne capable de citer une école, une enseignante, un nombre d’heures de pratique a en général pris le temps d’apprendre le geste, ce qui compte davantage que la décoration hawaïenne de la cabine. La maison ne pratique pas le lomi-lomi. Si ce sont les longs mouvements enveloppants qui vous attirent, le Grand Massage consacre 70 minutes au massage du corps et prend son temps pour chaque transition ; il se combine avec un passage au bassin et au hammam. Pour comparer avec un autre massage à l’huile souvent rangé à côté de lui sur les cartes, voyez notre fiche sur le massage balinais.

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